Facilitation de la vente groupée : le ProAgri-3/Giz et la FENAPAB offrent 06 tricycles à des coopératives

Facilitation de la vente groupée : le ProAgri-3/Giz et la FENAPAB offrent 06 tricycles à des coopératives

Pour faciliter le transport des noix de cajou des plantations vers les magasins pour la vente groupée, le ProAgri-3/Giz et la FENAPAB ont fait don de six (06) tricycles flambant neufs à six (06) Coopératives Villageoises des Producteurs d’Anacarde (CVPA). La remise des clés s’est déroulée au siège de la FENAPAB à Parakou.

Chaque année, toutes les Coopératives Villageoises des Producteurs d’Anacarde participent à la campagne de commercialisation de la noix brute de cajou. Au cours de cette période, les produits récoltés dans les plantations sont transportés vers les magasins où s’effectue la vente groupée qui est le mécanisme de mise en marché promu par la FENAPAB. Lors de ces opérations d’acheminement des noix vers les magasins, des difficultés liées à la disponibilité de moyens de transport se posent souvent. Sensibles à cette situation qui constitue un obstacle au bon déroulement de la vente groupée, le ProAgri-3/Giz et la FENAPAB ont décidé de mettre 06 tricycles flambant neufs à la disposition de 06 coopératives. Adaptés aux pistes et capables de transporter des quantités importantes de noix de cajou, ces tricycles représentent un véritable coup de pouce donné à ces coopératives pour la bonne marche des activités de la vente groupée.

CVPA COMMUNES D’APPARTENANCE
Cvpa de Pèrèrè Gourou Pèrèrè
Cvpa de Ouénou N’dali
Cvpa deMonnon Nikki
Cvpa de Madengbé Glazoué
Cvpa de Tchoui Ouèssè
Cvpa d’Adougou Ouèssè

Les tricycles stationnés dans la cour du siège de la FENAPAB

Photo des tricycles vus de derrière

Interview du Directeur Régional de l’URCPA Borgou Alibori sur la situation de mévente des noix

Interview du Directeur Régional de l’URCPA Borgou Alibori sur la situation de mévente des noix

C’est un constat unanime et amer que la présente campagne de commercialisation de la noix brute de cajou est difficile à vivre pour tous les acteurs. A ce sujet, certains acteurs nous donnent ici leur lecture de la situation.

1) quelle est votre lecture de la situation actuelle de mévente et de baisse généralisée des prix de la noix de cajou?

La campagne de commercialisation des noix brutes de cajou se déroule de façon exceptionnelle avec des prix très bas, une qualité faible des noix brutes de cajou et l’absence d’acheteurs sur le terrain. Cela concerne aussi bien les acheteurs individuels que les usines locales de transformation. Il faut ajouter à cela la difficulté des partenaires commerciaux à obtenir des fonds suffisants pour les achats au comptant aux producteurs. Notre lecture est que cette situation est engendrée par la hausse continue du prix de la noix de cajou en Afrique de l’Ouest, et particulièrement au Bénin. Mieux, du fait que l’Afrique n’est pas une grande consommatrice de la noix de cajou, elle n’a pas son mot à dire dans les cours mondiaux et se résigne à subir. Pour une meilleure lecture de la situation actuelle, il faut prendre en compte certaines réalités :

  • La disponibilité de produits en côte d’ivoire avec des prix relativement bas et dont la qualité cette année est très proche de celle du Bénin ;
  • L’ouverture des magasins tanzaniens aux acheteurs avec moins de tracasseries et à moindre coût ;
  • La taxe à l’exportation de la noix de cajou qui est de 70 FCFA le kilogramme au Bénin, alors que cette taxe est inférieure à 50 FCFA dans les autres pays
  • La fermeture de certaines usines indiennes et vietnamiennes ;
  • L’endettement de certains partenaires commerciaux du Bénin ;
  • L’utilisation des produits de substitution moins coûteux (pistache par exemple) par les consommateurs d’où la chute du prix de l’amande de cajou au plan international.

 

2) dans l’immédiat, que doit-on faire pour corriger le tir?

Dans l’immédiat, nous n’aurons qu’à contractualiser avec les usines de transformations pour une livraison même à crédit des noix brutes de cajou. Cela peut se faire également avec les structures qui font de l’exportation des noix du Bénin. Nous suggérons également, comme cela est le cas ailleurs, que l’Etat puisse négocier des contrats à l’extérieur en vue de réduire les stocks des producteurs. L’autre possibilité, non encore explorée, est l’acheminement des produits par les coopératives vers les partenaires extérieurs basés à Cotonou. A long terme, il serait intéressant de se tourner vers la production des noix sous certification biologique et Commerce Equitable. La situation préoccupante actuellement est le remboursement des crédits d’entretien et de gestion des plantations alors que les échéances sont déjà proches ou dépassées. Pour rappel, ces crédits sont accordés aux producteurs par les SFD (Système Financier Décentralisé) avant le démarrage de la campagne en vue de leur permettre de disposer de ressources pour l’entretien de leurs vergers et pour d’autres charges afin de les empêcher de brader leur production avant même la récolte.

 

3) aujourd’hui, certains défendent toujours un prix plancher alors que d’autres militent pour un prix plafond. Quelle est votre position? (justifier)

Le prix plancher est plus important. Il s’agit d’une très bonne stratégie pour le gouvernement que de définir un prix plancher. Les irrégularités liées à cette pratique au Bénin est que ce prix n’intègre pas toujours les comptes d’exploitation des acteurs et des tendances à l’internationale. Aussi, il importe de mettre en place un dispositif de stabilisation des prix à l’image de ca que faisait l’ONS. Une structure qui, lorsque les prix sont au-dessus du prix plancher mobilise les ressources pour une stabilisation éventuelle le moment venu. Toutefois, une telle initiative doit être basée sur la réglementation de la filière qui est pour l’instant inexistante, et une parfaite maîtrise des maillons production et achat. Selon moi, un prix plafond n’est pas l’idéal.

 

4) selon vous, quelles dispositions l’Etat et les acteurs de la filière doivent-ils prendre pour éviter pareille situation à l’avenir?

La question précédente met déjà l’accent sur cette dernière. Il est quand même important de souligner que l’interprofession de la filière anacarde au Bénin (IFA-B) doit pouvoir jouer un plus grand rôle. Elle est constituée des quatre familles d’acteurs qui composent la filière à savoir les producteurs, les acheteurs, les transformateurs et les exportateurs. Malheureusement elle manque de moyens et d’autorité. A cet égard, l’appui et le soutien des ministères de tutelle sont nécessaires, car les hommes et femmes qui animent cette interprofession maîtrisent parfaitement la filière et savent mieux que quiconque les leviers sur lesquels appuyer pour garantir de lendemains meilleurs à la filière. IFA Bénin doit être perçue par l’Etat comme un partenaire crédible dans son ambition de faire de la filière anacarde la deuxième filière agricole après le coton.

Editorial du mensuel d’avril 2019

Editorial du mensuel d’avril 2019

Que se passe-t-il avec la filière anacarde au Bénin ? La question mérite d’être posée, car c’est la deuxième année consécutive que la campagne de commercialisation de la noix de cajou ne se déroule pas bien. En effet, l’an passé, nous avions connu une campagne que tous les acteurs ont unanimement qualifié de catastrophique au regard des pertes énormes qu’elle a causées pour bon nombre. Les prix avaient très tôt flambé et tutoyaient les 1000 francs CFA le kilogramme de noix par le fait d’individus de tous genres qui, profitant de l’absence de réglementation dans la filière, avaient provoqué la spéculation et la surenchère dans le marché. La situation s’inversa brutalement avec les prix qui chutèrent en dessous du prix plancher de 650 francs CFA, et les producteurs se sont alors retrouvès avec d’importants stocks de produit qu’ils n’arrivaient plus à vendre parce que les gros acheteurs avaient, entre-temps, quitté le pays. A l’époque, l’Interprofession de la Filière Anacarde au Bénin (IFA-B) avait lancé des cris de détresse en direction des pouvoirs publiques, mais sans suite. Cette année encore, la même « galère » se répète. Déjà en début de campagne, nous observons une chute exceptionnelle des prix qui se situent aujourd’hui entre 150 et 300 francs CFA le kilogramme de noix contre un prix plancher de 400 francs CFA fixé par l’Etat. Soit un gap d’au moins 100 francs CFA par kilogramme qui représente la douloureuse facture que les vaillants producteurs sont en train de payer. Paradoxalement, la demande est demeurée très timide, et des dizaines de milliers de tonnes de noix de cajou sont toujours dans les magasins et autres lieux de stockage, sans oublier les deuxièmes récoltes qui viennent s’y ajouter. Nos investigations nous ont appris que la situation est presque identique dans les autres pays d’Afrique, et que le marché international de l’anacarde serait, entre autres, à l’origine de ce désastre. Nos investigations nous ont également appris qu’ailleurs, l’Etat est intervenu pour prendre des mesures en faveur des acteurs dans le but d’amortir un peu le choc. Aussi, espérons-nous que notre Etat en fera de même afin de soulager les producteurs qui sont, dans leur immense majorité, aux abois. Il y va de l’intérêt de tous, car dans son Programme d’Actions, le gouvernement de notre pays a inscrit la filière anacarde comme deuxième filière agricole à développer avec des objectifs et des résultats précis à l’horizon 2021. Cela commence, aujourd’hui avec des actions concrètes et porteuses de changements positifs dans la filière.

Commercialisation de la noix de cajou : le gouvernement donne le top

Commercialisation de la noix de cajou : le gouvernement donne le top

A l’instar des autres pays de la sous-région, le gouvernement du Bénin a procédé, ce jour jeudi 07 mars 2019 à Dassa, au lancement officiel de la campagne de commercialisation de la noix de cajou. Le prix plancher pour cette année est de 400 FCFA le kilogramme.

Ce jeudi 07 mars 2019, tous les acteurs de la filière anacarde étaient présents à Dassa pour assister au lancement officiel, par le gouvernement, de la campagne de commercialisation de la noix de cajou édition 2019. Quel sera le prix plancher pour cette année ? Quelles sont les dispositions et innovations prises pour cette campagne ? Les réponses à ces questions seront apportées par le Ministre de l’Industrie et du Commerce Monsieur Serge AHISSOU à qui revient ce privilège. Mais avant son intervention, c’est d’abord le Président de l’Interprofession de la Filière Anacarde au Bénin (IFA-Bénin), Monsieur Aténi ACHADE, qui prit la parole pour se réjouir du lancement de cette campagne que tous les acteurs attendaient avec impatience pour démarrer leurs activités.  Il a félicité le gouvernement pour sa vision pour la filière, et pour toutes les décisions prises en vue de hisser le Bénin au rang des grands pays producteurs d’anacarde. Et en grand défenseur des intérêts des acteurs, il n’a pas manqué de rappeler leurs doléances et attentes pour lesquelles il souhaite une prompte  réaction de la part du gouvernement. A sa suite, le Secrétaire Général Adjoint du Ministère de l’Agriculture, Monsieur Innocent TOGLA, prendra aussi la parole pour livrer son message. Son intervention s’est focalisée sur  les réalisations du gouvernement pour l’accroissement de la production de l’anacarde en quantité et en qualité, notamment par la professionnalisation des pépiniéristes, et la création de quarante (40) grandes entreprises de production de plantules greffées. Enfin, l’honneur est revenu au Ministre de l’Industrie et du Commerce de lancer officiellement la campagne de commercialisation en prononçant son discours. Prenant la parole, Monsieur Serge AHISSOU a rappelé la vision du gouvernement pour la filière qui est de doubler la production et de transformer 50% d’ici 2021. Ce qui suppose de lourds investissements pour l’implantation de beaucoup d’unités de transformation. A cet égard, il a affirmé que le gouvernement est prêt à encourager toutes les initiatives allant dans ce sens afin de faire passer le Bénin, d’un pays exportateur de noix de cajou, à un pays exportateur d’amandes de cajou. Après quoi, le prix plancher fut officialisé, et il est de 400 FCFA le kilogramme de noix. La cérémonie fut entrecoupée d’animations musicales et de démonstrations pour invalider la croyance ancrée selon laquelle le jus de pomme de cajou et le lait sont incompatibles.

Vue partielle des invités

Vue partielle des invités