Editorial du Mensuel d’information de juin 2019

Editorial du Mensuel d’information de juin 2019

Telle l’araignée qui tisse lentement mais sûrement sa toile, ou comme le maçon qui, brique après brique, érige son édifice, la Fédération Nationale des Producteurs d’Anacarde du Bénin (FENAPAB) continue son œuvre de structuration des producteurs à la base. Grâce au travail soutenu et méthodique de ses quatre-vingt-huit conseillers agricoles déployés dans trente-quatre communes avec l’appui technique et financier de ses différents partenaires, le nombre des coopératives de producteurs d’anacarde augmente progressivement. Ainsi, de mai 2018 à mai 2019, nous sommes  passés de 450 coopératives membres de la FENAPAB à 746, soit 296 nouvelles coopératives créées. Ce qui représente un taux de progression d’environ 66% en un an pour un total de 15 394 producteurs membres actifs, c’est-à-dire les producteurs ayant  libéré leurs parts sociales et droits d’adhésion conformément aux dispositions de l’Acte Uniforme de l’OHADA. A ce premier effectif de producteurs viennent s’ajouter 22 941 autres producteurs répartis en deux catégories. Une première catégorie appelée membres du réseau constituée des producteurs bénéficiaires de toutes sortes d’appuis de la FENAPAB, et une deuxième catégorie dénommée membres simples qui regroupe les producteurs en instance de se mettre en coopératives. Au total, 38 335 producteurs d’anacarde sont impactés par les actions de la FENAPAB pour une superficie couverte de 90 925 hectares et un rendement moyen de 410kg/hectare. Ce formidable travail de structuration des producteurs en coopératives entrepris depuis 2006 par la FENAPAB est un véritable exploit que peu de faîtières nationales peuvent se vanter d’avoir réussi. Mais le chemin reste encore long parce que tous les producteurs ne sont pas encore membres de la FENAPAB. Pour autant, peut-on dire que la FENAPAB n’est pas représentative et battre en brèche tous les efforts consentis à ce jour ? Pour nous, la réponse est non et la question relève plutôt de la problématique du verre à moitié vide ou à moitié plein. En effet, au regard de la confiance toujours renouvelée de nos partenaires et des producteurs, des succès que nous enregistrons et de la visibilité que nous apportons dans la filière, nous pensons que le verre est à moitié plein et qu’il faille continuer le travail pour le remplir. Ne voyons pas le verre à moitié vide.

 

Editorial du mensuel d’avril 2019

Editorial du mensuel d’avril 2019

Que se passe-t-il avec la filière anacarde au Bénin ? La question mérite d’être posée, car c’est la deuxième année consécutive que la campagne de commercialisation de la noix de cajou ne se déroule pas bien. En effet, l’an passé, nous avions connu une campagne que tous les acteurs ont unanimement qualifié de catastrophique au regard des pertes énormes qu’elle a causées pour bon nombre. Les prix avaient très tôt flambé et tutoyaient les 1000 francs CFA le kilogramme de noix par le fait d’individus de tous genres qui, profitant de l’absence de réglementation dans la filière, avaient provoqué la spéculation et la surenchère dans le marché. La situation s’inversa brutalement avec les prix qui chutèrent en dessous du prix plancher de 650 francs CFA, et les producteurs se sont alors retrouvès avec d’importants stocks de produit qu’ils n’arrivaient plus à vendre parce que les gros acheteurs avaient, entre-temps, quitté le pays. A l’époque, l’Interprofession de la Filière Anacarde au Bénin (IFA-B) avait lancé des cris de détresse en direction des pouvoirs publiques, mais sans suite. Cette année encore, la même « galère » se répète. Déjà en début de campagne, nous observons une chute exceptionnelle des prix qui se situent aujourd’hui entre 150 et 300 francs CFA le kilogramme de noix contre un prix plancher de 400 francs CFA fixé par l’Etat. Soit un gap d’au moins 100 francs CFA par kilogramme qui représente la douloureuse facture que les vaillants producteurs sont en train de payer. Paradoxalement, la demande est demeurée très timide, et des dizaines de milliers de tonnes de noix de cajou sont toujours dans les magasins et autres lieux de stockage, sans oublier les deuxièmes récoltes qui viennent s’y ajouter. Nos investigations nous ont appris que la situation est presque identique dans les autres pays d’Afrique, et que le marché international de l’anacarde serait, entre autres, à l’origine de ce désastre. Nos investigations nous ont également appris qu’ailleurs, l’Etat est intervenu pour prendre des mesures en faveur des acteurs dans le but d’amortir un peu le choc. Aussi, espérons-nous que notre Etat en fera de même afin de soulager les producteurs qui sont, dans leur immense majorité, aux abois. Il y va de l’intérêt de tous, car dans son Programme d’Actions, le gouvernement de notre pays a inscrit la filière anacarde comme deuxième filière agricole à développer avec des objectifs et des résultats précis à l’horizon 2021. Cela commence, aujourd’hui avec des actions concrètes et porteuses de changements positifs dans la filière.

Editorial du Mensuel de mars 2019

Editorial du Mensuel de mars 2019

Depuis le 07 mars 2019, le gouvernement du Bénin a officiellement lancé la campagne de commercialisation de la noix de cajou. Cette année, le prix plancher retenu après concertation avec les différents acteurs de la filière, est de 400 francs CFA le kilogramme contre 650 francs CFA lors de la précédente campagne. Cette différence de 250 francs CFA se justifie par le souci de rendre nos noix plus compétitives sur le marché régional et international d’une part, et d’autre part, de contenir la spéculation dans des proportions raisonnables. Actuellement, les activités commerciales se déroulent tant bien que mal sur le terrain et dans les 561 coopératives que compte la FENAPAB où nous ne pratiquons que la vente groupée. Qu’est-ce-que la vente groupée ? C’est une opération qui consiste à regrouper en un lieu précis des produits (anacarde, riz, mais, etc) appartenant aux membres d’une même coopérative, en vue de leur mise en marché en commun à travers des liens d’affaires avec des industries, des exportateurs ou tout autre acheteur solvable. Par ce mécanisme de mise en marché, nos coopératives ont déjà pu mettre à la disposition de certaines usines installées au Bénin quelques centaines de tonnes de noix brutes de cajou. Présentée ainsi, la situation paraît rose. Hélas il n’en est rien. En effet, comparativement à la même période l’année passée, les ventes actuelles de noix de cajou sont en nette baisse. Les gros exportateurs ne se bousculent pas, comme à l’accoutumée, sur notre marché et les acheteurs qui sillonnent nos villes et campagnes pour le compte de ces derniers se trouvent désœuvrés. En cause la baisse des prix à l’international et la taxe à l’exportation sur le kilogramme de  noix de cajou jugée trop élevée au Bénin. Résultat, nous sommes dans une situation de quasi-mévente qui pousse déjà beaucoup de producteurs à vendre leur produit à un prix inférieur au prix plancher. Au niveau de tous les acteurs de la filière c’est un mauvais scénario, et notre souhait est que, par le jeu naturel du marché, les choses aillent pour le mieux pour tous. Mais au-delà, cette situation remet sur la table la problématique de la transformation locale de la noix brute de cajou. Car, s’il y avait suffisamment d’usines de transformation pour absorber la production nationale de noix de cajou, le problème de débouchés ne se poserait peut-être pas. La réflexion reste ouverte.

EDITORIAL

EDITORIAL

Les fruits ont tenu la promesse des fleurs. Moisde janvier, mois de début des récoltes de l’anacardeau Bénin. Dans certaines régions, plus précisément au centre et au sud du pays, les récoltes ont effectivement commencé, tandis qu’au Nord, la fructification des arbres est à un stade très avancé. Comme

Abdou Rafiou CHABI LAFIA

on peut s’en douter, tous les différents acteurs de la filière s’affairent dans l’attente du lancement officielpar le gouvernement de la campagne de commercialisation. Les producteurs sont dans leurs planta- tions pour récolter le maximum de noix à mettre en vente. Les acheteurs réactivent leurs différents réseaux (collecteurs, coopératives) en vue de réaliser d’importants volumes d’achat. Les transformateursrévisent leurs machines tout en élaborant les meilleurs plans d’approvisionnement en noix. Enfin, lesexportateurs renouent contact avec leurs partenaires étrangers en vue de la signature de nouveaux contrats. Il en est ainsi, à cette période de l’année dans le business de l’anacarde. Tous ces différents acteurs(producteurs, acheteurs, transformateurs et exportateurs) représentent les quatre familles qui forment l’Interprofession de la Filière anacarde au Bénin(IFA-B). Notre souhait à tous pour cette campagne qui s’annonce est que les récoltes dépassent les 125 000 tonnes de l’an passé et que les noix de cajou présentent toujours une bonne qualité. A cet égard et en notre qualité de faîtière nationale des producteurs nous n’avons ménagé aucun effort dans ce sens grâce aux formations en bonnes pratiques agricoles données à nos membres, et aux tech- niques de récolte et de post-récolte qui sont actuellement en train d’être enseignées sur le terrain.Certes, ces actions à elles seules ne suffisent pas pour combler toutes nos espérances, mais leur respect et leurs effets combinés sont un gage certain de succès. C’est pourquoi, je voudrais encore insister pour inviter tous les membres de notre réseau à un respect scrupuleux de toutes les consignes en matière de récolte, de stockage et de conservation des noix. Bonne récolte à toutes et à tous.

Le Président de la FENAPAB